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dimanche 2 mai 2010

Décapant gratuit

Certains vernis sont plus tenaces que d'autres, mais le décapant André Bouthillier en viendra à bout. Il répète inlassablement que la bourse du carbone est une auge à cochons. Je voulais vous signaler sont texte d'une page sur le sujet dans l'édition de février de l'aut'journal, mais pas le temps...

Nous ne perdions rien pour attendre puisqu'il revient à la charge dans l'édition de mai et sur deux pages cette fois. Nous en avons d'autant plus pour notre argent que l'aut'journal est gratuit! Ce n'est pas tout : après la taille petite et la moyenne, voici la grande taille qui contient les références et des images percutantes.

Pêche au chevreuil

Plus on attend et plus ça devient difficile. Se réconcilier avec quelqu'un, téléphoner à unE amiE ou... s'occuper de son blogue!

C'est Steve Proulx qui m'a fourni l'impulsion nécessaire avec sa chronique dans le journal Voir. Vous y découvrirez la réponse à l'énigme posée par mon titre. Une simple image qui vaut des milliers de mots. Merci!

samedi 16 janvier 2010

Mintzberg cru

Henry Mintzberg, professeur de gestion à l'université Mc Gill, se fiche des tendances et rejette la langue de bois. L'édition de janvier du magazine jobboom contient une entrevue qu'il a accordée à Marie-Claude Élie Morin. Deux extraits savoureux :
N’importe quel gestionnaire qui accepte une formule de rémunération avec des bonis gigantesques comme on le voit à l’heure actuelle n’est pas un leader. Ces gestionnaires se positionnent à l’écart des autres employés et créent ainsi un système de classes dans l’organisation. Ils sont avant tout préoccupés par leur propre rémunération, et cela inclut presque tous les dirigeants des grandes entreprises.
[...] Prenons le chef de l’opposition officielle au fédéral, Michael Ignatieff. C’est un intellectuel brillant, mais est-il capable de gérer adéquatement le rythme et la pression de son travail? Je n’en suis pas sûr. George W. Bush, qui avait pourtant étudié à la Harvard Business School, était un gestionnaire atroce, un administrateur déconnecté qui prenait de mauvaises décisions. Par contraste, on retient l’image d’Obama en campagne électorale, en train de consulter son BlackBerry – il était sur le plancher des vaches, au courant et en contact, et il n’était dupe de rien.
Il y aurait, selon lui, pénurie de leaders et beaucoup de gestionnaires qui ne devraient pas l'être. Peut-être, professeur Mintzberg. Pour ma part, je crois qu'il est plus utile de créer des alternatives aux grandes entreprises privées fortement hiérarchisées que d'essayer de les réformer. Elles souffrent d'un mal ontologique incurable... Nous serons surpris du nombre de leaders qui émergeront quand ils verront où et comment leur travail peut véritablement servir le bien commun.

jeudi 3 septembre 2009

De la terre dans le stator

Quand quelque chose cloche, on dit qu'il y a du sable dans l'engrenage ou de l'eau dans le gaz. Dans ce cas-ci, la terre dans le stator réfère aux technologies électriques qui, nous l'espérons, prendront le relais du pétrole : automobiles hybrides ou tout électriques, éoliennes, tramways, trains à sustentation magnétique, etc. Or, des métaux (des éléments appelés « terres rares ») tels le dysprosium, le terbium et le neodymium sont nécessaires en grandes quantités dans les moteurs, les piles et les génératrices de ces technologies dites « vertes ». Par exemple, une turbine de grande éolienne contient près de 1 500 kg de neodymium !

L'os dans la soupe ? Plus de 95 % de l'extraction et de la production mondiale est faite en Chine qui n'est plus tellement intéressée à exporter ces matières premières. Elle préfère vendre les produits finis qui en contiennent... s'il en reste, car dès 2012 sa consommation intérieure dépassera sa production. L'inquiétude est grande en Occident : comment baser notre avenir sur des technologies dont nous ne contrôlons pas une des composantes essentielles ? Un peu comme le pétrole, mais en pire.

Pour le moment, il existe des paliatifs : on estime que le Japon, le plus grand importateur de terres rares, se procurerait 10 000 tonnes par année sur le marché noir... Les constructeurs d'automobile songent à produire leurs véhicules hybrides et électriques en Chine. Mais la hausse du coût de transport consécutif à la hausse inévitable du prix du pétrole rendra tous ces véhicules inabordables pour la plupart des gens. Seuls les riches pourront rouler en automobile conventionnelle, hybride ou électrique. Mieux vaut tabler sur des villes sans automobile.

Selon des informations contenues dans deux (1, 2) articles de TreeHugger (en anglais).

mardi 20 janvier 2009

Cinglante Fred

Les amateurs de polars connaissent la redoutable efficacité de la plume de Fred Vargas. Plume mise ici au service de ce qui me tient à cœur.
Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés. On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.

Mais nous y sommes. À la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi. Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance. Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés). S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être. À ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. À ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Fred Vargas

Pour information, Fred Vargas a écrit ce texte en signe de soutien à Europe Écologie. Voir l’original.

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mardi 21 octobre 2008

Intérêts de destruction massive

La crise économique poussera bien des gens (malgré eux ou non) à revenir à l'essentiel. Est-ce catastrophique ?

Au moins, la Nature pourrait souffler un peu. En 2008, c'est le 23 septembre que l'humanité a épuisé les services et les ressources renouvelables produits par la Nature (Earth Overshoot Day). En 2007, c'était le 6 octobre. D'ici la fin de l'année, l'humanité vivra à même le capital naturel puisque les intérêts sont épuisés. L'an prochain, ce capital naturel réduit produira moins d'intérêts qui seront donc épuisés plus rapidement... si rien ne change.

La crise économique provient de l'appétit gargantuesque de trop de gens pour des intérêts (ou rendements) élevés. Un article de Charles Eisenstein (en anglais) explique très clairement la mécanique bancaire fondée sur les intérêts. L'absolue nécessité de « croissance » qu'elle implique et les inévitables conséquences du mécanisme sur le capital naturel et humain.

En somme, les sphères de la Nature, de l'espace public (the Commons) et de la vie privée doivent inexorablement être monétarisées (dévorées) afin de « créer » la croissance dont dépend tout l'appareil. J'ai lu peu de textes aussi limpides sur ce sujet complexe et je le recommande fortement.

Encore mieux, selon lui, les difficultés causées par la crise annoncent de grands changements positifs. Un extrait de sa conclusion (traduction libre) :

« L'idéologie du gain perpétuel nous a conduits à un tel état de pauvreté que nous avons du mal à respirer. C'est cette idéologie et la civilisation qu'elle a engendrée qui s'effondrent aujourd'hui.

Tout ce que nous faisons, individuellement et collectivement, pour résister et repousser l'effondrement de cette idéologie ne fera qu'aggraver les choses. Si vous voulez survivre aux multiples crises qui déferlent présentement, n'essayez pas de leur résister. Résister et s'accrocher au passé relèvent de la fiction de la séparation. Essayez plutôt de laisser votre façon de voir les choses évoluer vers la réunion, et pensez à ce que vous pouvez donner. Comment pouvez-vous contribuer à embellir le monde ? Cela est votre seule responsabilité et votre seule sécurité. Ce dont vous avez besoin pour survivre et être heureux viendront à vous sans effort parce que vous vous faites à vous-même ce que vous faites au Monde. »

dimanche 19 octobre 2008

Vous avez dit « réelle » ?

Ces derniers temps, on a beaucoup parlé de l'économie « réelle » en opposition avec la bulle financière qui vient d'éclater. Mais combien réelle est-elle ?

L'économie des États-Unis est, en bonne partie, une économie de services dont plusieurs sont liés à la prospérité ou à l'illusion de prospérité entretenue par un crédit facile. Des millions d'emplois dépendent des caprices et des envies des gens ordinaires. Enlevez le superflu, le discrétionnaire, le facultatif et les gâteries dont la classe moyenne devra se passer si elle veut au moins tenter d'éviter la faillite et que restera-t-il ?

N'étant pas économiste devin, il est fort possible que je me trompe, mais je pense que l'explosion de cette bulle aura des conséquences plus vastes que la précédente. Les états-uniens seront-ils capables de recommencer à produire le nécessaire et l'essentiel dont ils ont besoin?

samedi 18 octobre 2008

Slow toutte !

Ce titre a bien fait rire l'auditoire de ma conférence au Lac Brome le 27 septembre. Dans son édition de cette semaine-là, l'hebdomadaire gratuit Ici publiait en page 78 un article de Sarah Poulin-Chartrand intitulé SLOW, LE QUÉBEC ? Tous les mouvements slow connus y passaient : nourriture, voyages, vélos, design, villes, travail, éducation des enfants, vêtements... Malheureusement, je n'ai pas trouvé l'article en ligne.

En résumé, on peut dire que le mouvement slow nous propose de prendre le temps de faire les choses avec soin, d'apprécier ce qui est fait avec soin et d'en profiter pleinement.

Sarah Susanka, que je mentionnais dans ma conférence, s’est d’abord intéressée aux petites habitations bien conçues (efficaces) avec sa série Not so big house. Sa recherche l'a naturellement conduite à s'interroger sur sa relation au temps, au fait qu'elle soit toujours débordée, dans The not so big life: making room for what really matters. Je citais également l'écrivain états-unien Paul Auster selon qui « Les choses les plus précieuses sont plus légères que l'air ».

L’espace et le temps sont les deux faces de la même médaille. Être moins occupé rend disponible à ce qui compte le plus. Cela permet d'être chez soi dans le monde ici et maintenant et d'habiter pleinement sa vie. On a alors besoin de beaucoup moins sans pour autant se priver. L'équation slow = small = simple est un enrichissement.

Il ne faut pas oublier que le « Time is Money » avec lequel on s'est tellement fait bassiner est réversible. Nous pouvons « perdre » tout le temps que nous voulons si notre vie ne coûte pas cher, c'est-à-dire si nos besoins sont aisément satisfaits. Surtout en ces temps de crise économique...

lundi 17 décembre 2007

Un hiver précoce

Il vente et il fait froid. La journée idéale pour parler de réchauffement climatique quoi ! Deux tempêtes de neige en deux semaines et plus d'un mètre de neige au sol. Et l’hiver astronomique n’est pas encore arrivé !

Vous l’entendrez pendant les Fêtes : « Si c’est ça le réchauffement du climat, il n’y pas de quoi s’en faire ! »

Mais une hirondelle ne fait pas le printemps pas plus que deux tempêtes de neige rapprochées ne signifient que le climat est normal, « comme dans le bon vieux temps ».

Résumons-nous donc. Une hausse globale des températures dans l’atmosphère entraîne une augmentation de l’évaporation. Et une augmentation de l’évaporation entraîne une augmentation des précipitations de toutes natures. De plus, une hausse globale des températures dans l’atmosphère augmente le nombre et la sévérité des événements anormaux et extrêmes de toutes natures. C’est ce que les modèles prédisent et c’est ce que nous constatons.

L’expression réchauffement climatique, bien qu’elle décrive exactement la cause globale des phénomènes observés, est mal choisie. Elle donne l’impression, surtout sous nos latitudes, d’un adoucissement général du climat. L’expression changements climatiques, pour sa part, est trop neutre. De quels changements s’agit-il ? Sont-ils positifs ou négatifs ?

Treehugger a récemment lancé un concours pour trouver une nouvelle appellation plus précise et a demandé à ses lecteurs de voter pour la meilleure des propositions. C’est Climate crisis qui a gagné. Crise climatique : voilà qui réflète bien mieux la réalité d’un système complexe comme le climat !

mardi 11 décembre 2007

S'envoyer en l'air... pour voir

C'est le titre d'une autre chronique que j'ai publiée sur le site de Agent Solo en décembre. Elle raconte une expérience étonnante et révélatrice.

dimanche 9 décembre 2007

Passé date !

C'est le titre d'une chronique que j'ai publiée sur le site de Agent Solo en novembre dernier. Elle explique la notion d'empreinte écologique et relate une trouvaille de la télévision australienne...